[Culture] « Fukushima, mon amour » de Doris Dörrie

Ce n’est pas tous les jours que je m’intéresse au cinéma allemand, malgré le fait qu’il y ait tous les ans un petit festival organisé dans ma ville, qui permet de découvrir des films de cette nationalité autour d’un thème. Cette année, le festival braquait son œil sur les femmes et proposait notamment « Fukushima, mon amour » de la réalisatrice Doris Dörrie, qui a tourné sur place. J’étais curieuse de voir le résultat et je me suis donc rendue à la séance.

Fiche Technique:

fukushima-mon-amour

Titre: Grüße aus Fukushima

Titre français: Fukushima, mon amour

Pays: Allemagne

Année: 2016

Genre(s): Drame

Durée: 1h48

Casting: Rosalie Thomass (Marie); Momoi Kaori (Satomi); Kamata Nami (Nami); Moshe Cohen (Moshe); Irizuki Aya (Toshiko).

L’histoire: Marie, jeune allemande, arrive à Fukushima, au Japon, pour changer de vie. Malgré les difficultés d’adaptation qu’elle rencontre, elle choisit de rester auprès de Satomi, la dernière geisha de Fukushima qui a décidé, de son propre chef, de retourner dans la maison qui l’a vu naître. Les deux femmes ne pourraient être plus différentes, et pourtant, chacune à leur manière, apprennent à se découvrir et se lient d’amitié… (Source: Allociné)

~***~

Une petite présentation du film avant sa projection m’a appris que « Fukushima, mon amour », n’est pas le premier film de la réalisatrice mettant en scène le Japon. On peut également retrouver le pays du Soleil Levant dans deux autres de ses films: « Enlightenment Guaranteed » (Erleuchtung garantiert) datant de 2000 et « Cherry Blossoms » (Kirschblüten – Hanami), sorti en 2008.

Le titre français, qui est un clin d’œil au célèbre « Hiroshima, mon amour » d’Alain Resnais, peut porter un peu à confusion, même s’il est fort possible qu’il fasse partie des inspirations. En effet, le titre original « Grüße aus Fukushima » signifie littéralement « Salutations de Fukushima », ce qui est beaucoup plus neutre en termes de références.

Parlons maintenant du film en lui-même. Il est en noir et blanc, ce qui lui donne une esthétique particulière mais surtout beaucoup de lumière. Personnellement, ça m’a beaucoup plu car je trouve que cela donnait une aura aux visages et aux paysages que l’on aurait peut-être pas eu en couleurs. J’ai aussi beaucoup apprécié que le film soit diffusé en VO, vu que Marie est allemande, Satomi japonaise et qu’elles communiquent dans un anglais basique. Cela rend vraiment palpable la situation d’étrangère de l’héroïne mais aussi la force de l’amitié qui se tisse entre ces deux femmes malgré leurs différences.

Pour ce qui est de l’intrigue, j’ai vraiment été très touchée par l’histoire de Satomi, qui a eu une vie hors du commun, que ce soit dans ses bonheurs comme dans ses malheurs. Pour donner du poids à ses souvenirs douloureux, le film se permet une petite incursion dans le fantastique, ce qui n’a pas été sans me rappeler brièvement des films japonais comme « Les Contes de la Lune Vague après la pluie » où le fantastique fait soudainement son apparition dans le quotidien des personnages. Et Momoi Kaori incarne avec justesse cette femme qui décide de retourner dans sa maison et de s’en refaire un foyer, coûte que coûte.

fukushima03

J’ai pas contre été moins réceptive à la douleur de Marie, dont les raisons ne sont qu’esquissées. Je trouve (trop) banale cette histoire de mariage avorté surtout lorsque la raison en est exposée, ce qui fait de la jeune allemande un personnage qui fuit plutôt que d’affronter ses peurs. Et puis les deux souffrances de ces femmes ne sont pas pour moi comparables dans leur impact, je trouve que l’amorce sur le personnage principal et ses motivations sont un peu faibles. Par contre, elle amène le regard extérieur sur le Japon et la tragédie de Fukushima et cela, c’est réellement intéressant.

Parce qu’au-delà de des portraits de Marie et Satomi, une des forces du film est son aspect documentaire sur Fukushima et les suites de la catastrophe, qui n’est pas un sujet qui a été beaucoup mis en avant. Le film a été tourné aux environs même de ce qu’on appelle la « zone », et le réalisme des images est véritablement poignant. Les habitants vivants dans des foyers et tentant de retrouver une vie « normale », les habitations dévastées, les paysages désertiques, tout cela nous donne de la réalité sur ce qu’il est advenu de cette partie du Japon.

En conclusion, « Fukushima mon amour » propose de jolis portraits de femmes et nous donne un aperçu vraiment réaliste des suites de la catastrophe qui a eu lieu en 2011. Si le scénario n’est pas particulièrement innovant, le propos est porté par deux actrices attachantes et nous offre un joli message d’espoir.

GRÜSSE AUS FUKUSHIMA

Et vous avez-vous vu « Fukushima, mon amour »? Qu’en avez-vous pensé? Est-ce que vous connaissiez l’actrice Momoi Kaori? Laissez-moi vos impressions en commentaire 😀 .

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4 commentaires sur « [Culture] « Fukushima, mon amour » de Doris Dörrie »

  1. Je n’ai pas vu ce film. D’ailleurs, je ne connais pas cette réalisatrice et c’est toujours bien agréable de faire de telles découvertes, alors merci beaucoup!
    (Accessoirement, j’aime beaucoup les photos que tu as mises en fond d’écran. :D)

    Aimé par 1 personne

    1. Merci Iza^^
      Je trouve ça sympa de s’intéresser aux réalisateurs « non-asiatiques » (je parle de la nationalité du film) qui se sont penchés sur les pays d’Asie et de voir quel est leur regard, quel sujet ils ont choisi… J’ai pas vu les autres films de cette réalisatrice, je les ai notés dans un coin de ma tête^^
      Ah mon header KamePi ❤ Je l'adore aussi, these two are so sexy 😉

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  2. J’ai entendu parler du film, dans le sens où on m’en a cité le nom, mais je dois admettre que je ne savais pas du tout, ni de quoi ça parlait, ni qu’il y avait de petites touches de fantastique dedans (…dont un homme à tête de chat apparemment ? o.o) Le thème m’intéresse bien ! Je ne sais pas quand trouver le temps de tout voir, mais je retiens 🙂

    Aimé par 1 personne

    1. J’espère que tu auras l’occasion de le voir Mila-chan ❤ . C'est un film vraiment intéressant, j'essaie de sortir de mes habitudes avec cette rubrique "Culture" hihi.
      Pour l'homme à tête de chat, c'est une vraie scène de quelqu'un qui fait ça dans le métro apparemment^^ mais c'est clair que c'est pas habituel^^.

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